KUNG FU TAE DO ESPRIT

                          KUNG FU TAE DO ESPRIT logo-vrais6-300x300maitreImage de prévisualisation YouTubeIl existe d’innombrables styles d’arts martiaux chinois (beaucoup ne sont pas encore répertoriés). Par commodité, depuis la fin du XIXe siècle, on les classe en « voie Externe » (waijia), et « voie Interne » (neijia).

 

La conception la plus simpliste en Europe consiste à considérer que les styles externes utilisent la force physique et la vitesse comme principes d’entraînement et les styles Internes la maîtrise de la respiration, la décontraction et la lenteur pour guider l’énergie (Qi). Cette conception repose d’une part sur une connaissance des styles Internes qui s’arrête au Taijiquan, style yang popularisé en Chine après 1956 (Taijiquan à fonction thérapeutique), d’autre part à l’ignorance des autres styles Internes Shunshi quan, tae do, xingyi quan, Bagua zhang, liuhebafa quan, et enfin aux dimensions martiales de ces styles. Cette conception erronée repose aussi sur la méconnaissance des Qi gong propres à chaque style Externe. La popularité de cette distinction est sans doute à rapprocher du désir d’intellectualiser une pratique corporelle par des notions n’appartenant pas aux domaines scientifiques mais aux domaines médico-religieux.

 

La distinction entre interne et externe n’est pas reconnue en Chine par certains maîtres et écoles des styles traditionnels.

 

Les styles se sont construits sur des centaines d’années, certains ont disparu (pao quan, fan quan, tae do, etc.) et se retrouvent comme systèmes incorporés dans des styles plus récents. Des styles anciens se sont modifiés pour s’adapter à la confrontation avec les autres styles, d’autres se sont créés récemment tout au long du XXe siècle sous l’impulsion des instituts et académies des sports. La majorité des styles actuels sont des styles de synthèse. C’est pourquoi dans la désignation des styles nous indiquons le terme générique qui désigne l’ensemble des styles apparentés (par exemple tang lang quan) ; et ensuite le nom singulier du style (taiji tanglang quan, tae do qi, meiha tanglang quan, etc.)

 

Plusieurs composantes sont à l’œuvre dans la construction et l’élaboration des styles :

 

1. Le pragmatisme : les styles sont confrontés à leur efficacité en combat singulier (rencontre, compétition) et sur les champs de bataille. Autres paramètres : l’âge du pratiquant (qu’est-ce que l’efficacité d’un style que l’on ne peut plus pratiquer après 30 ans ?), les capacités physiques, le climat, la santé, etc,

2. Les cosmologies diverses, qui construisent une entité abstraite et réductrice : la « Pensée Chinoise ». Taoïsme, Bouddhisme, Chamanisme et Confucianisme ont mêlé leurs cosmologies et leurs pratiques à celles des arts martiaux. En ce sens, de nombreux styles se positionnent au moins autant comme des arts de perfectionnement de soi, que comme des arts visant l’efficacité martiale.

3. Les pratiques : d’art de combat élaborées sur les champs de batailles qui de techniques d’armes, de procédés à main nue ou de techniques de corps à corps (lutte) se sont agglutinées aux styles.

 

La pratique du wu shu gong fu est très diversifiée, un style contient des enchainements à mains nues et avec armes (tao lu), des exercices de Qi gong, des exercices d’assouplissements, des éducatifs variés, des textes ou chants utilisés comme moyens mnémotechniques, des qi na (techniques de saisies, de clés et de projections), des enchainements à deux (à mains nues ou avec armes), des techniques de combat (tae do ou tae ya do) et surtout une conception de sa spécificité (gestion de la force, de l’intention, etc.) qui le différencie des autres styles.

 

 

 

 

 

Les boxes comportementales et animales

Au delà des techniques « simples » de boxes poings/pieds communes à beaucoup d’arts martiaux, les arts martiaux chinois sont fameux pour leurs techniques qui s’inspirent des mouvements des animaux. Il serait vain de citer ici tous les animaux qui ont inspiré les maîtres chinois au cours des siècles, on retiendra les plus célèbres : le singe, le tigre, la grue, l’aigle et le serpent. Les boxes comportementales, comme l’indique leur nom, s’inspirent de comportements particuliers. La plus célèbre, immortalisée au cinéma, étant la boxe de l’homme ivre qui s’inspire, bien entendu des mouvements d’un homme en état d’ébriété.

 

• Le Tigre (hu xing)

 

De tous les styles animaliers, le Tigre est le plus axé sur la force physique. Il symbolise la force, la puissance et la férocité. Sa technique de combat consiste à attaquer avec puissance sur une ligne droite, avec des saisies et des coups de paume. La majorité des coups du tigre s’oriente vers une forte attaque externe. La pratique du style du Tigre permet de renforcer le squelette et la musculature.

La technique la plus répandue dans ce style est la « griffe du Tigre » (hu zhua), qui peut être formée en repliant les doigts vers la paume de la main ; contrairement à une idée reçue, une telle attaque ne vise pas uniquement la tête. Le style contient également des projections.

 

• Le Léopard (bao xing)

 

Cet animal externe est moins massif que le Tigre, incluant essentiellement la vivacité, la souplesse et l’agilité. Par conséquent, à défaut d’être basé sur la force, le léopard est plutôt axé sur la rapidité et l’agression.

Le « poing du Léopard » est assez proche de la « griffe du Tigre », si ce n’est que les doigts sont repliés de façon à ce que la phalange proximale se trouve dans le prolongement du dos de la main. Un tel coup peut être porté, par exemple, au niveau des côtes flottantes.

 

• Le Serpent (she xing)

 

Le style du Serpent est l’un des plus dangereux pour l’adversaire, car il permet de porter des coups dévastateurs en ne prenant que peu de risques et en ne mobilisant que peu de force.

Les attaques du serpent sont quasiment toutes internes et consistent à attaquer des parties très fragiles du corps humain, comme les yeux, la gorge ou le nez. Le pratiquant du Serpent doit donc être très calme et posé durant un combat. Les attaques du serpent se font souvent avec les doigts, permettant d’appliquer la force sur une petite surface, et d’accentuer la douleur. Le Serpent est l’exact opposé du Tigre.

Le style du Serpent est basé sur la force interne, et inclut donc des techniques du tae do

 

• La Grue (he xing)

 

Le style de la grue est sans doute l’un des plus gracieux et ses mouvements sont donc plutôt axés sur le côté visuel et artistique ; la pratique de la Grue permet de travailler les tendons et les ligaments. Elle était vue par les Chinois comme un symbole de longévité.

En combat, la Grue préfère se tenir à distance de son adversaire. Elle attaque avec ses ailes (he yi), ou son bec (he zui) ; dans la pratique du Kung Fu, les mouvements se traduisent respectivement par le tranchant intérieur de la main, et un coup similaire à une pique formée des quatre premiers doigts, en partant du pouce inclu.

La Grue, tout comme le Serpent, incorpore les techniques sur les points de pression, permettant d’appliquer une douleur intense en déployant très peu de force musculaire.

 

• Le Dragon (long xing)

 

Le Dragon est l’animal mythologique par excellence de la Chine, approchant le statut de demi-dieu. Cet animal symbolise la force, la suprématie.

Le style du dragon est le plus spirituel, et utilise des techniques internes comme externes. Il se caractérise par la combinaison de techniques de saisies, « Qin na » en chinois, et de frappes avec les griffes du dragon. Il peut être vu aussi comme une fusion du style de Tigre et du Serpent, car il est assez proche des deux.

 

 

 

• D’autres styles de combat

 

 

 

• L’Aigle (ying xing)

 

La boxe de l’aigle, connue depuis le XVIIème siècle, aurait été créée par un expert à partir d’un style de Qinna et d’un style du nord.

Réputée pour ses Qinna, elle demande une grande force dans les doigts afin d’imiter les serres de l’aigle pour agripper leur adversaire et frapper aussitôt. Puissance, vitesse et équilibre dans l’exécution des coups sont importants.

 

• La Mante Religieuse (tang lang xing)

 

Le style de la Mante Religieuse naît au XVIIème avec Wang Lang, un grand expert du Kung Fu maîtrisant de nombreux styles de Kung Fu dont le Singe.

Le Tang Lang est basé sur des saisies de leur adversaire et sur la rapidité des contre-attaques qui s’en suivent. Rapidité et explosivité sont les caractéristiques de la mante religieuse.

 

• L’Homme Ivre (zui xing)

 

Cette boxe très particulière se caractérise par une attitude d’ébriété. Il demande de la décontraction et une excellente souplesse. Les techniques doivent associer souplesse et fermeté. Un petit verre doit être simulé dans la main lors des frappes. L’Homme Ivre a une grande richesse de techniques.

 

• Le Singe (hou xing)

 

La forme du singe ne doit pas être prise au premier degré, c’est-à-dire que l’on ne doit pas prendre toutes les techniques du tao comme des applications concrètes (il en est de même pour la boxe de l’ivrogne). Celui-ci représente la ruse, l’adresse, l’agilité et la vivacité. Cette forme comprend donc des mouvements rapides, de brusques changements de rythme et d’orientation, ce qui peut déconcerter et créer des ouvertures intéressantes en combat. Finalement, le style du singe reste l’un des styles les plus techniques et des plus durs du Kung Fu.

 

Les Arts Martiaux internes et externes

Le Kung Fu peut être divisé en deux grandes familles qui sont les arts martiaux internes et externes. Tout le monde connaît aujourd’hui les images de ces personnes de tout âge s’exerçant art interne, dans les parcs chinois. Les arts martiaux internes se caractérisent par des mouvements lents et une pratique axée sur la recherche des sensations et des énergies. Les arts martiaux externes, comme le Kung Fu, sont axés sur une pratique plus énergique, plus physique (coups rapides, force, sauts.). Certains opposent ces deux pratiques. A tort, puisque si elles sont très différentes dans la forme, elles n’en restent pas moins similaires sur le fond et dans la finalité : une recherche d’équilibre et de santé. Elles sont complémentaires.

 

Il ne faut pas confondre ces arts externes (axés sur la dureté et la rigidité du corps) et les arts internes (considérant le corps comme une enveloppe souple et composé d’une multitude d’articulations, et devant donc dépasser la force brute) comme le tae do

 

Même en occident kung fu n’est pas seulement une boxe, mais aussi une philosophie, une manière d’être et de penser, une médecine, une profession et même une religion selon son avancée dans la pratique et l’enseignement de son maître

 

 

 

Objectif des formes internes[

 

L’objectif du travail dit « interne » est la recherche de l’équilibre personnel et du calme intérieur à partir exercices de méditation et d’exercices de développement de l’énergie dite vitale. Ces exercices vont permettre de vivre longtemps en bonne santé. Comme pour les arts martiaux de configuration « dure », la pratique des formes internes a pour but de protéger mais en premier lieu la préservation de la santé. Les formes internes ne sont pas focalisées sur la performance sportive, bien au contraire il met l’accent sur le développement personnel, le bien-être et la santé. Il peut être utilisé à but thérapeutique et il est outil par excellence permettant de répondre trois soucis majeurs des arts martiaux : accomplissement personnel, recherche de paix intérieure et d’harmonie. Les anciens disent : « pratique les formes internes et tu resteras alerte, bien portant tu jouiras de la vie jusqu’à son terme ».

 

Concrètement, la pratique des formes internes a pour objectif premier le contrôle et le développement corporel et mental, par le biais d’exercices physiques et respiratoires. Plus précisément, il s’agit de maîtriser l’énergie dite « interne » grâce à des mouvements en douceur et à une respiration détendue et pleine. État d’esprit et attitude recherchée par les pratiquants se concentrant sur leur énergie dite « vitale » et consistant à maîtriser et à développer le flot d’énergie interne

 

Les origines des arts martiaux en Chine

Si Kung-fu est entré dans le langage courant pour désigner les Arts Martiaux Chinois, le terme complet est « KUNG-FU WUSHU »

 

Kung (Gong) = Travail Fu = Maîtrise Wu = Bravoure Shu = L’art

 

Shaolin

 

« Tous les arts martiaux sous le ciel viennent de Shaolin » est-il écrit dans le Jian Hu Ji, un ouvrage connu de la dynastie Qing (1644 -1911).

 

A la fin du V° siècle, un moine venu d’Inde nommé BATUO, voyage en Chine pour y prêcher le bouddhisme.

 

Il s’installe dans la province du Henan, dans un monastère situé dans les Monts Song ; c’est le premier temple de Shaolin. Plus tard, un autre moine indien, DAMO (ou Bodhidharma = l’illuminé), arrive à Shaolin. Après 9 ans de méditation dans une caverne des Monts Song, il initie les moines au bouddhisme Chan (Zen en Japonais) ainsi qu’à une série de mouvements afin d’améliorer leur conditions physique.

 

Au fil du temps, l’étude des techniques d’attaque et de défense des animaux, puis celles des combattants laïques réfugiés à Shaolin lors des conflits féodaux ou dynastiques, produisent un Art Martial complet, aussi bien à mains nues, qu’avec armes. L’ordre de Shaolin se développe et d’autres monastères voient le jour dans différentes provinces de l’Empire du Milieu. Mais au cours de l’histoire tumultueuse delà Chine, ils sont tous détruits. Le moins endommagé, le premier du Henan, est restauré à partir des années 50. Dans les années 80, une communauté de moines y a repris l’étude du bouddhisme Chan et de l’Art Martial de Shaolin.

 

La boxe de Shaolin

 

Considéré comme le coeur des arts martiaux chinois, le temple de Shaolin, situé dans le canton du Henan, a été fondé en 527 après JC. Le temple n’a pas eu tout de suite sa vocation martiale. Un moine indien connu sous le nom de Boddhi Darma voir les deux photos ci-dessus (Tamo en chinois) arriva au temple dans les années qui suivirent la fondation du temple et trouva les moines d’alors dans une piètre condition physique. Il créa 18 mouvements inspirés par la nature et les animaux qui devaient être pratiqués quotidiennement afin de conserver une bonne forme physique. Avec le temps et la tradition martiale chinoise ces mouvement furent développés pour créer le style de Shaolin et les nombreuses boxes qui le composent.

 

On considère la Chine comme le berceau des arts martiaux en Asie, la tradition martiale dans ce pays remonte à environ 3000 ans avant JC. Dans ce contexte unique, de nombreux arts martiaux ont vu le jour au fil des siècles et on répertorie aujourd’hui plus de 400 styles de Kung Fu différents. Il peut être difficile de s’y retrouver dans la foule des techniques existantes. Nous allons essayer de décrire ici les différentes familles d’arts martiaux existantes et, dans les grandes lignes, d’expliquer les caractéristiques principales de chacune d’entre elles.

 

Quelques unes de ces techniques de boxes ont été importées par le Japon, via l’île d’Okinawa, qui fut longtemps chinoise, et ont évolué pour donner les différents styles de karate-do (, kong shou dao en chinois, voie de la main nue), ou le kobudo, son pendant armé.

 

 

 

 

L’esprit tae do

_Un bon soldat n’est pas violent.

_Un bon combattant n’est pas furieux.

_Un bon vainqueur n’est pas vengeur.

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la sagesse résume l’art du tae do ainsi :

 

L’homme vient au monde tendre et souple ; à sa mort, il est dur et figé. Les plantes fraîches sont délicates et pleines de vie ; mortes, elles sont rêches et desséchées. Le figé et l’inflexible sont l’élève de la mort, tandis que le doux et souple sont l’élève de la vie. Une armée qui ne sait pas s’adapter ne remporte jamais une bataille. Un arbre qui ne plie pas se brise facilement. Ce qui est dur et fort périra ; ce qui est doux et faible durera.

 

Le kung-fu tae do demande un entraînement de chaque instant ; celui qui veut apprendre doit s’y consacrer pleinement.

 

« Si tu veux atteindre quelque chose, ton esprit, tes yeux, tes mains, ton corps doivent le vouloir, c’est-à-dire que chaque partie de ton esprit et de ton corps doit se concentrer sur le but à atteindre. Si une seule partie de ton corps fait un faux mouvement, tout l’exercice est raté. »

 

 

 

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